Faut-il nécessairement défier ses amis pour se motiver ?

Faut-il nécessairement défier ses amis pour se motiver ?

Voilà un article que j’ai mis un peu temps à mettre en place, déjà parce qu’il a fallu que je réfléchisse un peu au sujet. Je me suis finalement décidée à vous demander votre avis.

Source : National Library of Ireland on The Commons

C’est une réflexion qui m’est venue lors de la présentation à Paris du projet Check Point Race. Pas bien emballée déjà par l’idée de compétition virtuelle, je me suis quand même gentiment présentée à cette conférence power point autour d’un apéritif au Café de la Presse. C’était le même jour qu’une sortie #BoostBastille dans le QG de l’équipe star de l’opération Adidas, grosse ambiance de running festif en perspective.

Le principe de Check Point Race consiste à une inscription pour une équipe. Cette équipe doit courir et collecter des points grâce à une application en ligne. Ensuite des personnes peuvent être « supporters » en faisant gagner des points, mais ne font pas partie de l’équipe. Ensuite il y a une phase qualification dite internationale. Les meilleurs équipes dans différents pays sont sélectionner pour une course dans les Alpes, retransmise en ligne.

Il y avait alors quelques points marketing qui m’avaient troublées, des arguments qui semblaient à la fois décisifs et bancales :

Personne n’a fait une course où tout le monde est au même niveau

> Stramilano 10 Km, quasi toutes les courses locales en France, et autres monuments événementiels comme La Parisienne.

J’ai eu l’idée de Check Point Race lorsque mes amis sont partis courir, alors que je devais rester avec leurs femmes.

> La fréquentation de femmes semble être dévalorisante. On perd son statut de mâle alpha ?

Une course enfin accessible à tous […] il faut être capable de courir au moins un semi-marathon.

> Ah oui, le semi-marathon, je sais que ce n’est qu’un semi mais ce n’est pas accessible en claquant des doigts non plus.

Mais mettons de côté un discours peut-être un peu maladroit, et une idée qui n’avait l’air aussi claire que prévue, ainsi que le manque d’envie pour moi de payer un dossard pour une potentielle qualification, avec une campagne de crowdfunding en même temps, je me suis posée autre question.

Doit-on vraiment être en compétition avec ses amis ?

Le premier défi est de battre ses copains.

Hormis le fait que je trouve cela plutôt malsain de former une équipe pour être le plus fort de cette équipe, pourquoi faut-il toujours qu’on passe par une gamification compétitive quantitative ?

C’est plutôt cool de voir les activités de ses amis sur les réseaux sociaux. Je trouve que c’est là qu’on arrive à se motiver entre nous. Avec Fleur, nos mecs nous trouvaient « zinzins » parce qu’on s’envoyait des messages sur Facebook : « J’ai couru 40 minutes, t’y vas toi ? » – « Ouais je mets mes chaussures là ! ». Je crois qu’ils s’y sont faits.
Il s’agit d’un truc tout bête mais ça crée une émulation suffisante. C’est comme lorsque tu vois ta pote tricoter, t’as bien envie d’apprendre parce qu’elle fait des trucs vraiment chouettes.

Noter les choses de manière quantifiée est nécessaire, il faut bien un indice de mesure. Et puis on ne se le cache pas, la course à pied se calcule en allures, en kilomètres, en temps de parcours… Pas de tabou donc.

En réalité je me pose la question du classement pour le loisir. Nike+ nous fait un classement avec les potes en fonction du nombre de kilomètres et du nombre de sorties par semaine. Cependant il n’y a jamais de messages « va battre telle personne », toujours des défis personnels. Je préfère pour ma part Strava pour le côté multisport. C’est plutôt encourageant de voir que des personnes bougent, on a envie de bouger aussi parce que cela met en place une dynamique. Mais jamais de classement, à part un bref tableau de comparaison de ses perf’ par rapport à celle de quelqu’un dont on consulte le profil afin de se situer. D’ailleurs j’ai bien rigolé en me comparant à Kilian Jornet !

Mais pourquoi vraiment, devrais-je battre mes potes pour être contente de ma séance de course à pied ? J’ai cité Check Point Race parce que c’est de là que partait mon idée, mais je constate que c’est une tendance assez globale. Est-ce que se comparer sans cesse à son copain qui a fait 10 ans d’athlé, pendant que t’as commencé à courir il y a 5 mois ne peut pas être aussi un facteur de démotivation ?

Vous en pensez quoi ?

 

4 réactions au sujet de « Faut-il nécessairement défier ses amis pour se motiver ? »

  1. Je trouve ça surprenant de défier ses amis, en effet on a chacun(e)s nos raisons de faire du sport, pas le même niveau et pas la même évolution. Ce n’est plus du sport plaisir. J’ai des amies qui me demandent des conseils et je leur fixe des objectifs tenables et pas décourageants… et même moi, quand je vois des amis évoluer plus vite je suis contente pour eux mais je n’ai pas envie de les « battre »….
    Mais après je fais du sport / cours pour le plaisir et le bien être, pas pour la performance et le m’as-tu-vu 🙂

  2. J’utilise l’appli Nike Running+ (quand je n’oublie pas de la lancer). En effet, elle est très orientée sociale mais elle va plus partager tes runs et inciter tes amis à se motiver et à se bouger à leur tour. Dans ce sens, je l’apprécie assez.

  3. J’utilise Nike Plus pour voir mon évolution personnelle et non pas me comparer à mes amis. D’ailleurs je n’ai aucun « ami » sur Nike Plus hormis mon copain et il n’y a rien à comparer. Il court pour se faire plaisir, bouger, profiter de la ville au petit matin et je cours pour cela mais aussi parce que j’adore courir plus vite et plus longtemps ! Je suis toujours fière de moi quand je compare mes début il y a presque deux ans et aujourd’hui ! Alors les courses où tu dois battre tes amis, très peu pour moi ! D’ailleurs je me dis toujours que si je courrai pour battre les autres je m’arrêterai de suite car il y aura toujours quelqu’un de plus rapide que moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *